Lorsqu’on commence à grimper, on a tendance à trop serrer les prises, et ce n’est pas sans conséquences sur nos performances.

Pourquoi serre-t-on trop les prises ?

Il y a 2 cas de figure qui font que l’on va avoir tendance à trop serrer les prises.

La crainte de la chute

La première cause d’un serrage trop important de la prise est justifié par une crainte de chuter. C’est en grande partie pour ça que les débutants en escalade serrent beaucoup trop les prises, alors qu’ils n’ont la plupart du temps pas besoin de déployer autant de force pour tenir.

Quand on commence à grimper, la chute est une sensation nouvelle qui est encore trop crainte.

En bloc, c’est généralement la crainte de blessure en chutant sur le tapis de réception qui en est à l’origine. Même si on se dit que ce n’est pas si haut, rien ni personne ne vous retiendra et cela peut être crispant au début.
En voie, c’est principalement la peur de la hauteur et le manque de confiance en son matériel qui sont responsables de ce serrage intense.

On grimpe alors avec en tête la jolie mélodie « ne pas tomber, ne pas tomber, ne pas tomber… ». 🎵🎶 La réponse logique est de serrer les prises comme si notre vie en dépendait.

Le meilleur remède contre ça : l’école de la chute ! On chute volontairement encore et encore pour que notre cerveau assimile cette sensation et la catégorise comme « non-dangereuse ».

C’est généralement lorsqu’on commence à s’essayer à l’escalade en tête qu’on se demande vraiment ce qu’on fiche là, la peur au ventre sur une voie, alors qu’on pourrait être tranquillement sur son canapé avec un chocolat chaud devant Netflix ?! Mais heureusement, on ne s’arrête pas là, on tombe, encore et encore, puis notre cerveau comprend que cette crainte de chute libre n’est généralement pas dangereuse. Nous avons écrit un article pour vaincre sa peur de grimper en tête, n’hésitez pas à y jeter un coup d’œil, on y aborde des points similaires.

La difficulté de l’ascension

La seconde raison d’un serrage trop excessif est liée à la difficulté à tenir la prise. Et là, très franchement, on n’y peut pas grand chose !

Une pince trop difficile ? Une réglette trop fine ? Bon, nous n’avons pas encore développé suffisamment de force dans nos doigts et avant-bras, alors on n’aura pas le luxe de relâcher nos mains.

Pourquoi doit-on réguler cette pression ?

1. Gagner en confiance

Trop serrer une prise qui ne demande pas autant de force exercée est le reflet d’un manque de confiance et de crainte. Vous vous retrouvez alors le nez face à votre main crispée qui vous dit « Et regarde comme je flippe ! »… et ça, ce n’est clairement pas l’idéal pour vous mettre en confiance.

Efforcez-vous de vous relâcher pour prendre confiance, pour sentir que vous avez la situation en mains (en mains… 😏).

Quand on commence l’escalade en tête, il n’est pas rare de crisper en serrant de toutes ses forces la prise d’une main, le temps de mousquetonner avec son autre main. En réalité, le fait de serrer aussi fort n’est pas nécessaire pour tenir sans risque sur la prise, il s’agit d’un manque de confiance qui, une fois chassé, permet de grimper avec beaucoup plus de sérénité et d’efficacité.

2. Économiser son énergie

Dès qu’on sort de sa zone de confort, qu’on serre des prises encore trop difficiles pour son niveau, on a tendance à serrer très fort pour tenir, et c’est normal. Mais souvent, nous avons la capacité de tenir sur des prises sans pour autant déployer autant de force.

Il s’agit d’un manque à gagner considérable en termes d’endurance. Serrer les prises est un effort qui sollicite grandement nos avant-bras et chaque petit relâchement au cours de vos ascensions vous permettra de retarder un peu plus la sensation de tétanie des avant-bras (les fameuses bouteilles !) et la perte de force dans les doigts.

D’ailleurs, efforcez-vous de relâcher systématiquement votre main et bras libres lorsque vous n’en avez pas besoin. Un grimpeur fonctionne aussi avec du carburant, l’énergie, alors économisez-là dès que vous en avez l’occasion.


Bon, entre nous, ça vaut le coup de se détendre non ? 😉