Si vous avez déjà regardé une compétition d’handi-grimpe, vous avez sans doute rencontré ces noms de catégories pas très parlants : B2, RP3, AL2, AU1… On fait le point sur les catégories en handi-escalade pour mieux comprendre le fonctionnement de cette discipline.

Les catégories en handi-escalade

Les catégories en handi-escalade ont été établies selon le type de handicap. Les compétitions se déroulent en fonction de ces catégories, pour que chacun puisse concourir avec des grimpeurs ayant un niveau de déficience similaire.

La nomenclature des catégories est composée d’une ou deux lettres, suivies d’un chiffre. Plus le chiffre est petit, plus le handicap est important.

Catégories B1, B2 et B3 : déficience visuelle

Il y a 3 niveaux de déficience visuelle, allant de B1 à B3.

Catégorie B1

Les athlètes sont non-voyants.

Catégorie B2

Les athlètes ont une acuité visuelle allant jusqu’à 2/60 et/ou un champ visuel de moins de 5%.

Catégorie B3

Les athlètes ont une acuité visuelle allant de 2/60 à 6/60 et/ou un champ visuel entre 5 et 20%.

Catégories AU1 et AU2 : amputation ou déficience des membres supérieurs

Catégorie AU1

Les athlètes sont amputés :

  • soit des 2 bras (totalement ou partiellement),
  • soit d’un seul bras totalement (au niveau de l’épaule, donc pas de moignon).

Catégorie AU2

Les athlètes sont amputés :

  • soit de l’avant-bras (articulation du coude existante),
  • soit de la main (articulation du poignet existante),
  • soit de tous les doigts (pouce et jointure de doigt inclus).

Catégories AL1 et AL2 : amputation ou déficience des membres inférieurs

Catégorie AL1

Les athlètes sont en fauteuil car :

  • ils n’ont pas l’usage de leurs jambes,
  • ou ils sont amputés (complètement ou partiellement des 2 jambes).

Catégorie AL2

Les athlètes de cette catégorie n’ont qu’une seule jambe déficiente. Ils peuvent aussi être amputés, au minimum au niveau du tibia.

Catégories RP1, RP2 et RP3 : limitation de mobilité, puissance et stabilité

Parmi les différentes catégories en handi-escalade, les catégories RP1, RP2 et RP3 sont celles dans lesquelles les handicaps sont les plus variés. Les déficiences peuvent être physiologiques ou neurologiques. Leur point commun est qu’elles limitent la mobilité, la puissance et la stabilité.

Les mêmes handicaps peuvent se trouver dans les 3 catégories, c’est la gravité qui va déterminer si l’athlète sera en RP1, RP2, ou RP3. Une hypertonie, une puissance musculaire altérée, une ataxie, une altération de l’amplitude des mouvements, une athétose… Sont des handicaps qu’on retrouve chez ces athlètes.

Regroupement de catégories

Pour qu’une compétition soit ouverte dans une catégorie, il faut un nombre d’inscrits minimum. Au niveau national, il faut minimum 3 concurrents pour que la compétition ait lieu. Il est difficile de faire des regroupements « justes », les handicaps sont tous très différents.

Mais afin de laisser plus de possibilités à chacun de participer à des compétitions, il a été décidé qu’on pouvait faire des regroupements de catégories en handi-escalade, en suivant le schéma suivant :

Les catégories en handi-escalade - Regroupement de catégories
B : déficience visuelle
AU : déficience ou amputation des membres supérieurs
AL : déficience ou amputation des membres inférieurs
RP : limitation de mobilité, puissance, stabilité

L’handi-escalade en compétition

Le premier Championnat du Monde d’handi-escalade a été organisé par l’IFSC (Fédération Internationale d’Escalade) en 2011 à Arco en Italie. 🇮🇹 Depuis, ce sont pas moins de 6 Championnats du Monde handi-grimpe qui ont été organisés. Le dernier en date s’est déroulé à Moscou, du 15 au 17 septembre 2021.

Il peut y avoir des épreuves de difficulté, de bloc et de vitesse. Les règles et le déroulement des compétitions sont évidemment différents, afin de s’adapter aux athlètes, par exemple :

  • pour les épreuves de difficulté, les grimpeurs sont assurés en moulinette pour éviter les chutes trop violentes,
  • pour les épreuves de bloc, les grimpeurs sont aussi assurés en moulinette,
  • les déficients visuels peuvent communiquer avec leur entraîneur afin qu’il leur indique les prises,
  • la voie est considérée comme validée quand le grimpeur contrôle d’une main (ou membre supérieur si absence) la dernière prise,
  • les voies de vitesse peuvent être différentes selon les catégories,
  • Etc.

Les ouvertures aussi sont adaptées selon la catégorie. Vous vous doutez bien qu’un amputé des deux jambes ne grimpe pas du tout de la même manière qu’un amputé d’un bras. C’est un travail très intéressant aussi pour les ouvreurs, qui doivent réfléchir différemment et s’adapter aux athlètes.

Vous connaissez désormais les catégories en handi-escalade. Rendre l’escalade accessible à tous, quel que soit son handicap, fait partie des enjeux des prochaines années, notamment pour les clubs. Pour ce qui est du circuit de compétitions, le développement des événements handi-escalade fait partie des objectifs de l’IFSC pour cette décennie. 💪