Les mousquetons sont des EPI (Equipement de Protection Individuel) de catégorie 3, c’est-à-dire qu’ils protègent contre les risques mortels. Ils sont soumis à des contrôles et des normes spécifiques de niveau européen. Ces normes imposent des marquages sur les mousquetons.

Où se trouvent les marquages sur les mousquetons ?

Bon, un mousqueton, ce n’est pas très grand… Pas tellement d’élan de créativité et d’originalité possibles pour l’emplacement des marquages sur les mousquetons ! Ci-dessous un exemple de mousqueton, sur lequel on voit les marquages :

Les marquages sur les mousquetons - Exemple sur un mousqueton Mammut

Les différents marquages sur les mousquetons

La mention « CE »

« Un produit marqué « CE » (= Conformité Européenne) répond à toutes les exigences essentielles de chacune des directives qui lui sont applicables. »

Wikipédia

En Union Européenne, il existe deux directives applicables aux mousquetons utilisés pour l’escalade : la directive européenne 89/686 et la norme EN 12275, spécifique aux activités d’escalade et d’alpinisme. Si un mousqueton a le marquage « CE », cela veut dire qu’il respecte les exigences établies par l’UE par le biais de ces deux normes, et qu’il peut être vendu librement dans toute l’Europe.

Parmi les exigences imposées pour les mousquetons, on trouve :

  • les exigences de marquage,
  • les exigences de sécurité (résistance à la rupture),
  • les exigences concernant les méthodes d’essai.

Comme les mousquetons sont des EPI de catégorie 3 (ils protègent contre des risques mortels), ils doivent forcément être certifiés conformes par un organisme/laboratoire indépendant. La fabrication des produits aussi est soumise à un contrôle qualité et est certifiée. Chaque organisme de contrôle est identifié par un numéro unique que le fabricant doit graver sur les mousquetons, juste après le marquage CE.

Le marquage CE suivi du numéro de l’organisme de contrôle est donc obligatoire, tandis que le marquage par le numéro de norme EN 12275 ne l’est pas (même si elle est forcément respectée).

Les marquages sur les mousquetons - Exemple mousqueton Mammut - Mention CE

Ps : vous pourrez aussi voir la norme EN 362, qui est celle pour les EPI destinés à l’industrie. Et oui, les mousquetons ne sont pas utilisés qu’en escalade !

La marque du fabricant

En tant que fabricant, évidemment qu’on veut écrire le nom de sa marque sur son produit. Mais plus qu’une volonté, cela fait partie des obligations de marquage.

La date de fabrication

La date de fabrication doit être inscrite sur le mousqueton. Ainsi, vous pouvez savoir exactement quand a été fabriqué votre fidèle compagnon ! Pour notre mousqueton d’exemple, c’est l’écriture « 0217 » juste après la mention CE. Il a donc été fabriqué en février 2017.

Vous pourrez même lui souhaiter un joyeux anniversaire. 🎉 Et au vu du nombre de mousquetons que possède chaque grimpeur, on n’a pas fini de faire des fêtes ! Je dis ça comme ça, après tout, tout prétexte est bon pour manger un gâteau et boire un coup, non ? 😂

La résistance du mousqueton à la rupture

Comme précisé plus haut, les mousquetons sont des EPI de catégorie 3 pour lesquels la résistance minimale à la rupture ainsi que les méthodes d’essai de cette résistance sont imposés par l’Union Européenne. Trois types de résistance minimale sont définies :

  • Grand axe, doigt fermé (environ 2 200 à 2 500 kN)
  • Grand axe, doigt ouvert (environ 700 à 1 000 kN)
  • Petit axe (environ 800 à 1 100 kN)
Les marquages sur les mousquetons - Exemple mousqueton Mammut - Résistance

Petit zoom sur notre mousqueton Mammut ! Sa résistance grand axe doigt fermé est de 24 kN, celle du petit axe est de 9 kN et celle du grand axe doigt ouvert est de 8 kN.

Les résistances minimales à la rupture sont exprimées en kN (kiloNewton) et font partie des obligations de marquages sur les mousquetons.

Elles ne sont pas les mêmes selon le type de mousqueton : selon la norme EN 12275, les mousquetons de sécurité doivent être plus résistants que les mousquetons simples. La résistance minimale à la rupture grand axe doigt fermé d’un mousqueton de sécurité doit être entre 2 500 kN et 3 000 kN.

Le type de mousqueton

Si c’est un mousqueton HMS, la lettre majuscule « H » doit apparaître.

Si c’est un mousqueton de via ferrata, la lettre majuscule « K » doit apparaître pour indiquer son utilisation spécifique pour cette activité.

Pour les autres types de mousquetons, le marquage du type n’est pas obligatoire. Mais certains fabricants l’indiquent quand même :

  • « B » pour un mousqueton basique
  • « D » pour un mousqueton directionnel
  • « X » pour un mousqueton ovale

Bonus : le label UIAA

UIAA pour Union Internationale des Associations d’Alpinistes. Cette fondation a été créée en 1932 à Chamonix. Elle est reconnue comme représentante des grimpeurs et alpinistes du monde entier. Parmi ses membres, on trouve des associations et fédérations d’escalade du monde entier.

Elle a pour but de promouvoir l’escalade et l’alpinisme, mais aussi de rendre la pratique plus sûre. Elle a donc établi des normes et standards pour le matériel, et certifie elle-même énormément de produits. Si le mousqueton est certifié par l’UIAA, alors il aura le marquage « UIAA » ! Notre mousqueton d’exemple a ce marquage, juste avant la mention « CE ».

Ce n’est en aucun cas une obligation, seulement un plus. De toute façon, la norme EN 12275 que tous les mousquetons doivent respecter repose sur les normes écrites par l’UIAA. 🙂