Quand on apprend qu’on attend un enfant, on se pose beaucoup de questions sur le chamboulement que ça va ĂȘtre dans notre vie. Parmi le milliard de choses qui ont pu se passer dans ma tĂȘte, je me suis assez vite demandĂ© comment allaient se passer ces quelques mois pour faire de l’escalade enceinte.

DĂ©buts difficiles

Avant de tomber enceinte, je me sentais vraiment bien physiquement. ForcĂ©ment, quand on pratique un sport rĂ©guliĂšrement et qu’on s’y tient, mĂȘme sans forcĂ©ment avoir d’objectifs/d’idĂ©al Ă  atteindre, notre corps change et se muscle. Alors Ă  raison de deux sĂ©ances par semaine, l’ensemble de mes muscles s’Ă©taient dĂ©veloppĂ©s et surtout je me sentais pleine d’Ă©nergie.

Évidemment chaque grossesse est diffĂ©rente, je vais vous parler ici de mon vĂ©cu.

Les premiĂšres semaines, j’Ă©tais seulement fatiguĂ©e. J’ai pu continuer Ă  grimper Ă  mon niveau habituel mais chaque voie me demandait plus d’effort que d’habitude.

J’ai Ă©tĂ© surprise par la rapiditĂ© des changements qui ont lieu dans le corps pour pouvoir accueillir ce nouvel ĂȘtre humain. Sous l’effet des hormones, le corps de la femme se “dĂ©tend” pendant la grossesse. Toutes les articulations et les tendons deviennent plus laxes, parce que oui, Ă  un moment, il faudra rĂ©ussir Ă  faire sortir un bĂ©bĂ© !

Donc en plus de la fatigue, trĂšs vite j’ai senti que je me ramollissais. Et plus ça va, plus j’ai l’impression de devenir molle. Je crois que de tous les dĂ©sagrĂ©ments de grossesse, c’est ce qui a Ă©tĂ© (et est encore) le plus difficile Ă  vivre. Passer d’un corps oĂč on est bien, on se sent capable de tout, Ă  un nouveau corps complĂštement diffĂ©rent et qui ne nous permet pas de faire autant de choses qu’avant.

6 mois d’escalade enceinte

Au dĂ©but, j’ai continuĂ© le bloc sans vraiment me poser de questions car je ne voulais pas que cette grossesse m’empĂȘche de vivre ma vie. Je me suis quand mĂȘme rĂ©signĂ©e assez vite car les coups lors de la chute peuvent ĂȘtre dangereux et il m’arrivait de sentir quelques douleurs. Les abdos sont sur-sollicitĂ©s en bloc, gainage oblige, et ça aussi c’est Ă  proscrire pendant la grossesse. J’ai dit au revoir au bloc pour quelques mois… Mais c’est pour la bonne cause !

Heureusement qu’il n’y a pas que le bloc dans la vie et qu’on peut continuer Ă  faire de l’escalade enceinte : pour me consoler, il me restait la voie. Sauf que lĂ  aussi, il a fallu faire quelques concessions et adaptations. 😅 Comme les chutes peuvent ĂȘtre assez violentes, j’ai tout de suite arrĂȘtĂ© la grimpe en tĂȘte. Certes, ça fait un challenge de moins, mais la moulinette me semblait ĂȘtre la meilleure solution.

AprĂšs un premier trimestre difficile, j’ai eu la chance d’avoir une grossesse qui se dĂ©roule trĂšs bien et sans aucun dĂ©sagrĂ©ment ni complication, ce qui m’a permis de continuer Ă  faire de l’escalade enceinte.

J’ai donc continuĂ© en moulinette, sans me sentir trop gĂȘnĂ©e. Plus les mois passent, plus le ventre prend de la place et les efforts nĂ©cessaires pour rĂ©ussir certains mouvements sont dĂ©multipliĂ©s. Mon niveau max devenait de plus en plus difficile Ă  atteindre, et ça, j’ai eu du mal Ă  le digĂ©rer. 😅

À plus de 6 mois, je sortais encore des 6a, mais ça commençait vraiment Ă  devenir difficile. Sur le moment ça allait, par contre la nuit suivante et le lendemain, c’Ă©tait nerf sciatique trĂšs douloureux et contractions… Signes qu’il fallait arrĂȘter ou diminuer la difficultĂ©.

Sauf que ce qui me motive en grimpe, c’est le challenge, essayer des choses qui sont pour le moment hors d’atteinte. Bref, le dĂ©passement de soi. Vous imaginez donc bien que la solution “faire du 4 ou du 5 pour continuer Ă  faire de l’escalade enceinte”, ce n’Ă©tait vraiment pas pour moi !

Grimper frustrĂ©e ou ne pas grimper du tout, ça revenait au mĂȘme : j’ai dĂ©cidĂ© d’arrĂȘter le temps de la grossesse se termine.

Et la grande pause !

Me voilĂ  donc sur le banc de touche, Ă  attendre sagement l’annĂ©e prochaine pour pouvoir reprendre la grimpette. Cela ne m’empĂȘche pas de toujours accompagner les copains en salle et en extĂ©rieur pour les regarder grimper. Les tapis et fauteuils de la salle sont plutĂŽt confort, et lire un livre en Ă©tant posĂ©e sur un matelas gonflable Ă  l’ombre des arbres, c’est plutĂŽt pas mal aussi. 😏

J’ai quand mĂȘme continuĂ© Ă  assurer les copains jusqu’Ă  environ huit mois de grossesse. Ça ne demande pas tant d’efforts et, Ă  mon sens, prĂ©sente peu de risques. Avec la fatigue cumulĂ©e de la grossesse, ça commençait Ă  devenir difficile aussi.

DĂ©cision prise Ă  prĂšs de huit mois : l’escalade enceinte et mĂȘme l’assurage, ce n’est plus pour moi ! Je suis officiellement en pause de grimpe en attendant que tout rentre dans l’ordre et que j’ai terminĂ© ma rĂ©Ă©ducation du pĂ©rinĂ©e et des abdos profonds (indispensable avant la reprise !).


Ps : n’oubliez pas que chaque grossesse est unique et faire de l’escalade enceinte est un choix personnel. Il est Ă©galement indispensable d’en parler avec son mĂ©decin pour avoir l’avis d’un professionnel de santĂ©.