Le bloc en salle c’est super, mais pour beaucoup de grimpeurs, vient un jour le moment de faire un pas vers la nature pour grimper des vrais rochers. Bien que la pratique du bloc se soit Ă©normĂ©ment dĂ©mocratisĂ©e en ville, il s’agit Ă  l’origine d’une activitĂ© de plein air. Et parce qu’une premiĂšre session bloc Ă  l’air libre, c’est vraiment diffĂ©rent de la SAE, on vous a fait un condensĂ© des diffĂ©rences entre bloc en salle et en extĂ©rieur.

#1 Un topo pour vous guider

Pour ceux qui pensaient sortir de leur voiture, marcher 2 minutes et trouver des scotchs multicolores sur la roche, dĂ©solĂ© de vous dĂ©cevoir mais l’illusion ne peut plus durer… 🙄 une sortie bloc en extĂ©rieur demande un minimum de prĂ©paration. Et cette prĂ©paration se rĂ©sume Ă  l’achat d’un topo d’escalade.

Un topo d’escalade est un guide regroupant de nombreuses informations sur un site d’escalade naturel. Il en existe pour la voie mais aussi le bloc. Ils sont quasi toujours rĂ©digĂ©s de la mĂȘme maniĂšre, on y trouve :

  • Une prĂ©sentation du site : vue d’ensemble du lieu, introduction pour connaĂźtre la vie du site et son histoire, l’indication de l’orientation, de l’altitude, du nombre de voies, des mises en garde ou avertissements si nĂ©cessaire…
  • Des infos sur l’accĂšs : en voiture, en transports en commun, Ă  pied ou Ă  vĂ©lo. Grimper, ça se mĂ©rite, et certains spots ne manquent pas de vous le rappeler, avec des marches d’approche de parfois plusieurs heures ! 😜
  • Des conseils pour votre sĂ©curitĂ© : pansements, bandages, strap, sparadrap…
  • Des informations sur les voies d’escalade : Ă©quipements et emplacements des relais en escalade encordĂ©e (pour les voies en falaise), classification et niveau des voies, hauteur maximum, noms


Il contient aussi une représentation visuelle de chaque voie sur photo ou schéma afin de vous repérer le plus facilement possible.

Pour une sortie sur un site de bloc naturel, il est donc important de se munir du topo adĂ©quat pour ĂȘtre conscient de ces informations.

#2 Avant j’avais des doigts… mais ça c’Ă©tait avant

Ah la cuisson de vos doigts Ă  point voire saignante… vous l’aviez pas vu venir celle-lĂ  ! đŸ„©

Quand on a l’habitude de grimper en salle, le grain est gĂ©nĂ©ralement un minimum usĂ©, ce qui vous permet une bonne adhĂ©rence, sans pour autant y laisser votre peau. Hors arrivage de nouvelles prises bien rĂąpeuses, bien entendu… En extĂ©rieur, malgrĂ© l’érosion, la roche demeure trĂšs souvent plus agressive pour nos mains qui, sans prĂ©paration et habitude, s’en souviennent encore le lendemain. 😅

Si vos doigts ne connaissent que les prises artificielles, il peut ĂȘtre intĂ©ressant d’embarquer avec vous un petit rouleau de strap… Ă  bon entendeur ! 😉

#3 La difficulté des blocs

Parmi les diffĂ©rences entre bloc en salle et en extĂ©rieur, celle-ci est de taille car elle atteint l’Ă©go et le mental !

Nombreux sont les grimpeurs qui vivent mal cette premiĂšre sortie en extĂ©rieur d’un point de vue performance. Cette sortie est souvent perçue comme trĂšs dure et il n’est pas rare qu’un grimpeur qui passe du 6B en salle bute sur du 5C en extĂ©rieur.

Il faut accepter la situation et ne pas dĂ©sespĂ©rer, comme toutes les premiĂšres fois, ce n’est pas facile ! Il est important de noter que ce n’est pas parce que la grimpe en extĂ©rieur est plus dure qu’en salle : c’est juste diffĂ©rent.

Pour certains aficionados de l’extĂ©rieur, la grimpe en salle est plus difficile (oui, vous avez bien entendu). Et l’explication rationnelle est que le type d’ouverture en salle est gĂ©nĂ©ralement plus “fun”, plus “physique”, pour une acceptation par le grand public, lĂ  oĂč les blocs d’extĂ©rieur demanderont gĂ©nĂ©ralement des meilleures qualitĂ©s de placement et de lecture.

#4 Les prises, quelles prises ?!

Vous voilĂ  face Ă  votre bloc, et maintenant il ne vous reste plus qu’Ă  trouver les prises… đŸ€Ż

Ici pas question de suivre un itinĂ©raire reprĂ©sentĂ© par des prises de couleur et pensĂ© par un ouvreur pour ĂȘtre franchi avec des mouvements plus ou moins dĂ©finis. En extĂ©rieur, tout est potentiellement une prise car les faces rocheuses ne sont jamais lisses comme un pan de mur d’escalade. Il y a donc beaucoup plus de possibilitĂ©s Ă  exploiter.

Les topos sont lĂ  pour vous donner une indication sur la trajectoire du bloc mais ne vous dictent en aucun cas les prises. Vous allez devoir les chercher par vous-mĂȘme, parfois sans savoir oĂč donner de la tĂȘte.

La lecture de voies est donc un point crucial en escalade de bloc en extérieur.

#5 Le crash pad, votre assurance vie mobile !

Je vous l’accorde, parfois on trouve des tapis de mousse sauvage au pieds de certain blocs peu frĂ©quentĂ©s mais non, mauvaise nouvelle, cela ne suffira pas Ă  vous sauver les fesses (et le dos…) !

Différences entre bloc en salle et en extérieur

Vous n’ĂȘtes plus en salle, et vous allez donc devoir vous occuper de trimballer sur le dos d’un bloc Ă  l’autre, votre propre matelas de chute, appelĂ© crash pad.

À vous la vie de tortue !

#6 Hauteur des blocs et peur de la chute

Impossible de vous parler des différences entre bloc en salle et en extérieur sans vous parler sécurité et confiance en soi.

En salle d’escalade de bloc, la hauteur maximale est bornĂ©e Ă  4,50 mĂštres au-dessus de la surface des tapis de chute. De plus, les tapis de chute eux-mĂȘmes couvrent absolument tous les potentiels points de chutes du grimpeur et sont extrĂȘmement rembourrĂ©s (30 Ă  40 cm d’Ă©paisseur).

En extĂ©rieur, il n’est pas rare de grimper des blocs de plus de 5 mĂštres, voire mĂȘme certains blocs atteignant des hauteurs supĂ©rieures Ă  8 mĂštres. Et en cas de chute… la surface de rĂ©ception sĂ©curisĂ©e par le (ou les) crash pad est bien plus faible. Ils sont aussi moins rembourrĂ©s, ne dĂ©passant gĂ©nĂ©ralement pas 15 cm d’épaisseur. Il est donc normal d’ĂȘtre au dĂ©but moins confiant sur nos mouvements.

C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est recommandĂ© de travailler des blocs engagĂ©s avec un pareur qui pourra guider la chute mais aussi dĂ©placer le crash pad au fur et Ă  mesure de l’ascension.

De plus, outre les dangers de hauteur potentielle et prĂ©cision nĂ©cessaire de la chute, une rĂąpure contre la roche sera moins agrĂ©able que le revĂȘtement des SAE.

#7 La rencontre avec les locaux

Un vrai esprit d’entraide et de famille rĂ©side dans la plupart des spots de blocs en extĂ©rieur. Vous n’arrivez pas Ă  passer un mouv ? Les locaux et habituĂ©s de la zone se font gĂ©nĂ©ralement un plaisir de partager des conseils. Si vous venez grimper seul, ne soyez pas Ă©tonnĂ© de finir votre journĂ©e Ă  escalader avec des inconnus.

C’est aussi ça qu’on aime dans la grimpe !

#8 Les conditions météos

Une des différences entre bloc en salle et en extérieur est la notion de météo. Logique me direz-vous !

Certes si comme dans toutes les activités de plein air, la pluie ça mouille, en escalade la dimension météorologique est bien plus importante. Il est bon de savoir que :

  • certaines roches sont brulantes en Ă©tĂ©,
  • l’hiver les conditions d’adhĂ©rence de la peau sont optimales (la fameuse « collante »),
  • les profils de voie en dalle seront dĂ©trempĂ©s par temps de pluie, lĂ  ou les devers seront Ă©pargnĂ©s,
  • le vent et l’ensoleillement sont propices au sĂ©chage des blocs exposĂ©s,
  • etc.

Sachez d’ailleurs qu’il existe des sites ou encore des comptes Instagram, comme bleau_meteo, dĂ©diĂ©s aux prĂ©visions mĂ©tĂ©os des sites en direct. Un peu comme les webcams de stations pour ceux d’entre vous qui dĂ©rouillent les skis… 😏


Si vous vous apprĂȘtez Ă  franchir le pas vers l’extĂ©rieur ou que vous revenez frustrĂ© de votre premiĂšre sortie en nature, nous espĂ©rons que les diffĂ©rences entre bloc en salle et en extĂ©rieur Ă©voquĂ©s ici vous permettront d’apprĂ©hender au mieux cette transition !