Parmi les différents types d’escalade, la vitesse est sans doute la plus impressionnante. Créée pour les compétitions, elle est adorée des spectateurs qui sont transportés et impressionnés par la rapidité des athlètes.

Histoire de l’escalade de vitesse

Alors que les débuts de l’escalade de difficulté remontent à la fin du 19ème siècle en Europe, l’escalade de vitesse a été inventée par les russes il y a seulement une cinquantaine d’année. L’URSS a été pionnière dans la discipline, mais surtout dans l’organisation de compétitions. L’épreuve ne ressemblait pas à ce qu’elle est aujourd’hui. Les athlètes étaient chronométrés sur l’ascension et la descente d’une voie.

L’escalade de vitesse a été officiellement reconnue par les instances internationales au début des années 90. Jusqu’alors, les compétitions de vitesse étaient réservées aux athlètes de l’Union Soviétique. On voit encore aujourd’hui les restes de cette spécialisation : les grimpeurs des pays de l’Est, particulièrement les russes, pratiquent énormément la vitesse. Elle reste le type d’escalade le plus reconnu dans ces pays.

Depuis, le fonctionnement a bien changé et les règles autour de cette discipline ont beaucoup évolué.

Règles de l’escalade de vitesse

L’escalade de vitesse en elle-même est très simple à comprendre : deux athlètes s’adonnent à un duel de vitesse sur deux voies identiques de 15 mètres, côte à côte. Le premier arrivé en haut remporte le duel.

Pour les grimpeurs, la règle est très simple. Au signal sonore, ils démarrent leur ascension et elle se termine lorsqu’ils pressent le buzzer qui se trouve tout en haut de la voie. Pas le droit à l’erreur, si un grimpeur tombe, il est disqualifié. Pour cette discipline, les athlètes sont assurés grâce à des assureurs automatiques.

Par contre, là où il y a beaucoup de règles à respecter, c’est sur la structure et l’équipement de la voie. Pour pouvoir comparer le niveau des athlètes de manière objective, la fédération internationale d’escalade (IFSC) a fait homologuer une structure et un type de mur qui devra être identique pour toutes les compétitions.

Mais alors qu’est-ce qui fait la particularité d’un mur homologué ?

La hauteur et la largeur de la voie

En réalité, il y a deux hauteurs homologuées : 15 mètres et 10 mètres. Il existe des compétitions sur mur de 10 mètres, mais pour les compétitions internationales type coupe du monde, Jeux Olympiques, etc., les athlètes s’affrontent sur une voie de 15 mètres de haut. La voie fait toujours 3 mètres de large.

L’inclinaison du mur

Le mur d’escalade de vitesse doit être incliné à 5 degrés. Pas un de plus, pas un de moins !

L’emplacement et le type de prises

Escalade de vitesse - Prises de main
Les prises de main de la voie d’escalade de vitesse

La spécificité d’une voie de vitesse, c’est que les prises sont toujours les mêmes et elles sont toujours placées au même endroit.

Leur emplacement a été défini par un français, Jacky Godoffe. Grimpeur aguéri, entraîneur de l’équipe de France, ouvreur international ou encore conseiller technique à la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade (FFME), il a plus d’une corde à son arc.

Il a mis au point la voie d’escalade de vitesse telle qu’on la connaît aujourd’hui. Au niveau de la cotation, on estime que la voie de vitesse équivaut à du 6b.

La voie de 15 mètres est composée de 40 prises de main (comme sur la photo) et de 22 prises de pieds. La voie de 10 mètres, quant à elle, comporte 24 prises de main et 16 prises de pieds.

Le chronomètre

Plus récemment, pour éviter les biais lors de la mesure de la vitesse d’ascension, l’IFSC a défini une liste de partenaires pour le choix des chronomètres.

Le principe est le suivant : au signal sonore qui donne le départ de la course, les athlètes s’élancent. À leurs pieds, un paillasson connecté déclenche le chrono dès que le pied quitte le sol. Ensuite, le chrono s’arrête lorsque le grimpeur appuie sur le buzzer situé en haut de la voie.

Records de vitesse 🚀

Alors à votre avis, combien de temps il faut pour gravir les 15 mètres d’une voie d’escalade de vitesse ? Un indice : vraiment pas beaucoup…

Le record actuel chez les hommes est détenu par l’iranien Reza Alipour Shenazandifar. En avril 2017, il établit un nouveau record à… 5,48 secondes ! Oui, vous avez bien lu, moins de 5 secondes et demi… Ce qui lui vaut le surnom de “Panthère Asiatique”. Bien trouvé, non ? 😅

Le record de vitesse chez les femmes est récent et date d’il y a seulement quelques mois. C’est l’indonésienne Aries Susanti Rahayu qui, en octobre 2019, a réalisé l’exploit de passer sous la barre des 7 secondes. Elle établit le record à 6,99 secondes. La vidéo de son ascension avait fait sensation sur les réseaux sociaux et parmi la communauté des grimpeurs.

L’équipe de France d’escalade de vitesse 🇫🇷

Nous avons des spécialistes de la vitesse en équipe de France. Il s’agit de Bassa Mawem chez le hommes et d’Anouck Jaubert chez les femmes. Habitués des podiums internationaux ces dernières années, ils sont tous deux qualifiés pour les Jeux Olympiques d’escalade de Tokyo 2021. Ils y défendront nos couleurs, en misant tout sur leur spécialité : la vitesse.