Savoir parer en escalade est un indispensable, que ce soit en bloc ou en grimpe en tĂȘte. Faisons un point sur cette technique qui permet de limiter l’impact des chutes.

Que signifie parer ?

Quand on pare un grimpeur, on sĂ©curise sa chute. L’objectif est de le mettre dans de bonnes conditions pour rĂ©duire le risque de blessures.

Le pareur doit anticiper, accompagner la chute du grimpeur et minimiser son impact.

Un bon pareur permettra Ă  son partenaire de se sentir plus en confiance et il pourra davantage se concentrer sur son ascension car il sait que mĂȘme s’il chute, il sera accompagnĂ© au mieux pour ne pas se blesser.

C’est donc une vigilance de tous les instants, une excellente anticipation mais aussi des Ă©lĂ©ments techniques Ă  connaĂźtre. MĂȘme si l’objectif de la parade est toujours le mĂȘme, la technique diffĂšre selon qu’on grimpe en bloc ou en tĂȘte.

Parer en escalade de bloc

En escalade de bloc, la parade dure tout le temps que le grimpeur est sur le bloc. DĂšs qu’il dĂ©colle du sol, jusqu’au moment oĂč il y revient. Il y a encore quelques annĂ©es, avoir un camarade pour parer Ă©tait indispensable car les crashpads n’existaient pas ! On ne comptait donc que sur notre partenaire pour nous rattraper.

L’arrivĂ©e des crashpads Ă  la fin des annĂ©es 90 a rĂ©volutionnĂ© la pratique du bloc en extĂ©rieur car on peut dĂ©sormais assurer sa sĂ©curitĂ© seul. Quant au bloc en salle, les trĂšs Ă©pais tapis font qu’on ressent rarement le besoin d’avoir quelqu’un pour nous parer.

MalgrĂ© ces morceaux de mousse qui nous sauvent trĂšs souvent, ils ne remplaceront jamais l’Ɠil vif et l’amorti des bras d’un bon pareur.

En extĂ©rieur, guider le grimpeur pendant sa chute est primordial car mĂȘme si on a un crashpad, on n’est pas Ă  l’abri d’un caillou ou d’une racine en-dessous qui pourraient ĂȘtre fatals pour les chevilles lors de la chute. En salle, l’orientation de la chute importe peu car il n’y a Ă  priori pas d’obstacle (sauf si quelqu’un a laissĂ© trainer sa bouteille d’eau, son tube de magnĂ©sie liquide…).

La technique pour parer en escalade de bloc est assez simple. DĂšs que le grimpeur dĂ©marre son bloc, on se tient prĂȘt Ă  accompagner sa chute. Les jambes sont flĂ©chies, les bras sont tendus. On se tient assez proche du grimpeur, mais pas collĂ© ni en-dessous, car s’il chute, on ne pourra pas l’accompagner correctement et il pourrait nous blesser. Le mot d’ordre : ĂȘtre 100% avec le grimpeur, concentrĂ© et disponible. C’est ce qui fait la diffĂ©rence en cas de chute.

Si le grimpeur chute, l’objectif du pareur est de ralentir sa chute et le faire atterrir le plus en douceur possible, sur ses deux pieds. Le pareur va donc l’attraper au niveau du bassin ou de la taille (voire sous les aisselles si la chute est basse) afin d’accompagner la chute. On ne veut surtout pas stopper la chute, ce qui pourrait ĂȘtre trĂšs traumatisant. On accompagne le grimpeur jusqu’Ă  qu’il touche le sol, en flĂ©chissant les jambes avec lui.

Attention, le grimpeur a aussi un rĂŽle actif dans la chute ! Il doit ĂȘtre souple, flĂ©chir ses jambes lors du contact avec le sol pour mieux rĂ©partir la force de l’impact. S’il est raide comme un piquet et ne flĂ©chit rien, l’atterrissage risque d’ĂȘtre rude !

Parer en escalade en tĂȘte

En escalade en tĂȘte, le grimpeur part avec la corde et clippe au fur et Ă  mesure sur des dĂ©gaines placĂ©es sur la paroi. Il n’est donc pas sĂ©curisĂ© jusqu’Ă  ce qu’il clippe la corde sur la premiĂšre dĂ©gaine. Pendant ce laps de temps, l’assureur doit parer le grimpeur pour sĂ©curiser une Ă©ventuelle chute.

Avant de dĂ©marrer une ascension, il faut que les vĂ©rifications de sĂ©curitĂ© soient faites et que l’assureur laisse suffisamment de mou pour pouvoir aller clipper la premiĂšre dĂ©gaine.

Pour parer en escalade en tĂȘte, l’assureur se tient Ă  environ 1 mĂštre de la paroi, il suit l’Ă©volution du grimpeur en tendant les bras, tout en tenant la corde (cĂŽtĂ© brin de vie) dans une main. Ce n’est pas parce que le grimpeur n’a pas encore clippĂ© que c’est une raison pour l’assureur de ne pas tenir la corde. MĂȘme si on vous l’accorde, cela ne sĂ©curise pas encore la chute, le fait de tenir le brin de vie dans sa main permet d’ĂȘtre rapidement opĂ©rationnel pour assurer, aprĂšs le premier clippage.

Tout comme pour parer en escalade de bloc, si chute il y a, l’objectif de l’assureur est d’accompagner le grimpeur, le guider, pour ralentir la chute et minimiser son impact. Il se tient donc prĂȘt Ă  le rattraper au niveau du bassin, de la taille, voire sous les aisselles. On ne cherche pas Ă  stopper la chute, on l’accompagne (oui, on rĂ©pĂšte beaucoup, mais c’est tellement important 🙏).

DĂšs que le grimpeur a clippĂ© la premiĂšre dĂ©gaine, l’assureur n’a gĂ©nĂ©ralement plus besoin de parer mais il doit quand mĂȘme rester vigilant car il y a encore un risque de retour au sol. Jusqu’Ă  la dĂ©gaine suivante, l’assurage doit ĂȘtre le plus sec possible, sans pour autant entraver la progression du grimpeur. Non on ne tire pas le grimpeur vers le bas… 😉 il faut lui laisser suffisamment de mou pour poursuivre son ascension !


Vous savez dĂ©sormais comment parer en escalade, que ce soit en bloc ou en escalade en tĂȘte. Cela paraĂźt simple mais ne nĂ©gligez pas son importance, elle peut sauver des chevilles, et plus ! 🙏